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DIMANCHE 24 JUIN :

UN ÉTÉ À PONT-AUDEMER

Colette BRUNOT, Marie-Françoise MARCASSIN, Rémi HONDIER

Randonnée de 22 kilomètres en 2 PAS

Les rendez-vous :

8h45 à ROUEN, place du Gaillarbois

10h00 à PONT-AUDEMER, quai Félix Faure sur la rive gauche de la Risle, près du Pont de la Madeleine.

 

HISTOIRE DE PONT AUDEMER

 

NX-38426

Des fouilles archéologiques attestent d’une occupation du site depuis la Préhistoire. La Risle (qui traverse la ville) est un fleuve aux eaux vives en Normandie, frontière naturelle, son franchissement est important pour les populations. Ainsi, Pont-Audemer fut fondée sur un des points les plus étroits du cours d’eau, où sa traversée était la plus aisée, en un lieu qui était de plus propice au développement d’activités humaines (bois, eaux abondante, riches prairies…). La ville apparaît officiellement pour la première fois dans des documents de la période gallo-romaine : c’est un poste militaire romain implanté pour protéger deux ponts construits pour permettre à une voie romaine, reliant les cités romaines de Juliobona (Lillebonne) et Noviomagus (Lisieux), de passer la Risle. Tout naturellement, le bourg prend alors le nom de

« Duos Pontes » (Les Deux Ponts) et se développe. Sa croissance est troublée par les invasions barbares qui débutèrent à la fin du IIIème siècle. L’arrivé au pouvoir des Francs n’entraîne vraisemblablement que peu de changements : la population reste la même (il n’y a quasiment aucune présence franque), exceptée, peut-être, celle de quelques membres de sa noblesse qui prendront, en certains endroits, la place de l’aristocratie gallo-romaine, aux postes de commandement. Puis, viennent les raids scandinaves qui remontent la Risle et pillent la région à partir du VIIIème siècle. On ne sait pas précisément quand mais il semble que c'est à cette époque que les ponts romains furent détruits ou tombèrent en ruine, la traversée de la Risle devant se faire dès lors par bac. Plus tard, un certains Aldemarus, un comte carolingien (d'origine germanique) qui aurait protégé la ville des scandinaves au IXème siècle, reconstruisit un pont. Ce pont appelé progressivement « Pons Aldemari » donna à son tour son nom au bourg.

 

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Rapidement, son dynamisme économique lui a imposé d’organiser sa protection : un château au XIème siècle, des fortifications au XIIème siècle et une charte des communes au XIIIème siècle.

Les convoitises des uns et des autres lui ont apporté souffrances et violences : pendant la guerre de cent ans et les guerres de religion ou par de fortes demandes royales en faveur des garnisons. Ville de lutte et d’ouverture, par une volonté farouche, elle s’est opposée aux envasements inéluctables de la Risle qui lui donnait ouverture sur la mer, vers le monde.
Quand a sonné l’heure de l’industrialisation, elle a su faire appel aux étrangers au savoir-faire dominant. C’est ainsi que dès le XVIIIème siècle des ouvriers anglais et leurs familles sont venus s’installer à Pont-Audemer pour y apporter des techniques nouvelles sur le tannage des cuirs, pourtant spécialité de la ville depuis le Moyen-âge.

 

L’anglais Eliott a introduit la fonte malléable pour la bouclerie, l’anglais Bayle après avoir construit des voies de chemin de fer y a créé une papeterie, Thierry Hermès, le fondateur de la maison Hermès de Paris, est venu de Prusse pour s’y installer et apprendre le métier de sellier. Ces étrangers avaient en commun la pratique d’une religion réformée : protestantisme etanglicanisme. Une grande solidarité existait entre eux qu’ont su mettre à profit les Pontaudemériens. Cet esprit d’ouverture, comme culture d’entreprise, a permis à la ville au cours des siècles de maintenir une prospérité presque constante.

Forte de tous ces équilibres, Pont-Audemer a su traverser la crise qui a fait suite aux trente glorieuses, saisissant une nouvelle fois les opportunités des industries de pointe, appelant des groupes étrangers, pour demeurer le coeur du bassin de population de l’ouest de l’Eure.

Rémi HONDIER